La Matinale

 La Matinale RMP : Du Lundi au Vendredi 7h/9h

Notre façon à nous de vous proposer chaque matin une bonne « Matinale » c’est de vous offrir une programmation musicale de qualité qui mélange artistes confirmés et nouveaux talents de la chanson Française, mais aussi un peu du Jazz, de Rock...
Avec bien sûr la météo, des chroniques, une revue de presse, des interviews, des annonces concerts et des places à gagner...

Mais l’aspect le plus important de la « Matinale » de Radio Mon Païs, reste bien sûr l’info syndicale et sociale avec le Journal à 7h45 et 8h30

- Réécoutez la "Revue de Presse" de Bernard Gensane du 4 Janvier 2021:

 —Et si on se débarrassait de Sanofi ?

 —Henri Peña-Ruiz et Régis Debray sur la laïcité.

— Contre l'extension du fichage policier

— Un tunisien torturé par la police française

- Réécoutez la "Revue de Presse" de Bernard Gensane du 28 Décembre 2020:

Un putsch à Marseille

la laïcité comme un élément du dispositif sécuritaire

- des chiffres et des citations du monde entier qui n’ont guère attiré l’attention des médias

- la désindustrialisation dans les pays méditerranéens

- Réécoutez la "Revue de Presse" de Bernard Gensane du 21 Décembre 2020:

- Succès du “ populisme macho ”

- Covid : soigner les riches et les pauvres

- Hommage à Aimé Césaire

- La Révolution française selon Emmanuel Kant

- Réécoutez la "Revue de Presse" de Bernard Gensane du14 Décembre 2020 sur les dangers de l'intégrisme religieux pour le mouvement syndical, le rappel concernant le fascisme intégriste islamiste en Algérie, Le Pen et le FIS et la vocation policière de l'État français.

Jo est parti rejoindre Léo Ferré et autres turbulents qu’il aimait tant. Rock, coco…

Jo était un humaniste révolutionnaire, intransigeant envers les imbéciles. Parmi toutes les envolées du vieil anar, lui plaisait celle-ci : « N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale c’est que c’est toujours la morale des autres ». Cette époque le révoltait, sans cesse.

Nous avons passé toute une nuit et plus à écouter « Le Chien » et « Il n’y a plus rien ». Il n’y a plus rien… Des nuits, il y en a eu beaucoup à refaire le monde, souvent très arrosées, avec au détour une saine engueulade, malgré nos accords sur tout…

Nous nous sommes rencontrés dans des conditions singulières, qui devaient marquer toute notre amitié. En 1987, j’animais une émission littéraire sur Radio Campus, lui sur Mon Païs. Un jour, pour un 1er avril, je lui demandai d’incarner un écrivain qui n’existait pas, et il accepta. Jo devint le temps d’une émission Richard Caylus, avec en face de lui son pire détracteur, son vieil ami Michel Lafarge. Le standard explosa. Notre amitié était scellée et nous créâmes alors une émission de débats sur Radio Mon Païs, « Excusez-moi de vous interrompre ». Combien de cette émission animée avec une humeur parfois houleuse ? Combien d’invités passés sur le grill ? Je ne saurais dire…

Quand je publiai mon premier roman en 1992, Jo était là. Il fut toujours là et son regard me manquera. Jo aimait les livres et les écrivains, ce qu’il prouva ardemment avec plusieurs émissions littéraires et un salon qu’il créa à Saint-Foye-de-Peyrolières. Les auteurs de la région Occitanie lui doivent beaucoup. Il admirait la belle langue, les écrivains sincères. Il prenait son temps avec l’auteur. Ses questions étaient parfois déstabilisantes mais au final ses entretiens étaient toujours d’une incroyable originalité, d’une formidable chaleur. Je n’ai pas aimé quand il a arrêté de parler dans le micro…

Christian Thorel, de la librairie Ombres Blanches, m’a adressé ces quelques mots : « Jo était homme à part. Lecteur attentif et j’imagine camarade ou ami attentionné. Je ne le côtoyais qu’à travers les moments qu’il passait avec un auteur dans mon bureau avec son petit microphone. Ou lorsqu’il interviewait un de nos invités dans la salle de rencontres. C’est lui qui m’a donné sans le savoir cette position sur la scène lors des rencontres, l’invité face au public, l’animateur de profil. La première fois cela m’avait troublé au point de me convaincre… immédiatement. »

Jo était à part, oui. Et Jo était d’une belle folie, toujours plein de rêves. Quand il divorça, il ne se jeta pas dans la Garonne. Il soigna sa douleur en traversant le Sahara en 4L, puis il bâtit une cabane en bois au fond des bois, du côté de Cominac. Nous y passâmes des soirées savoureuses, sous le Mont Valier. Plus tard, il me confia les clés. Cette cabane m’a procuré parmi mes plus beaux souvenirs de montagne.

Jo était insatiable, un insatiable gourmand. Tout récemment, il animait encore un club de lecture dans le cadre de la Fédération LSR. Nous avons passé ainsi de délicieux moments à la Palmyre, Najac et Muret.

Jo était pudique, s’agissant de ses sentiments. Mais quand il évoquait ses enfants, ses yeux brillaient, comme quand il parlait du Sahara. En amour et en amitié, Jo était de ces humains qui aiment pour toujours, quand ils ont aimé une fois. C’est une forme rare de fidélité.

Jo, tu étais un homme libre, complètement vivant. Jo, tant de choses nous liaient. Jo, c’était bien, il nous suffisait d’un regard pour se comprendre. Te savoir pas loin de moi me donnait de la force, je me sentais moins seul face à la connerie ambiante. Jo, tu vas nous manquer, et pas qu’un peu. Ici et là-bas sous les étoiles. Plus rien ne vaut la peine de rien, vraiment ? Allez, basta !

Pascal Dessaint